Réforme des rythmes scolaires


Au cours de la séance du conseil général du vendredi 18 octobre, Olivier LEBRUN a interrogé le Préfet des Yvelines au sujet de la réforme des rythmes scolaires. Nous publions le texte de la question. La réponse donnée par le Préfet sera mise en ligne dès sa réception.

Monsieur le Préfet,

Depuis la rentrée 2013, la réforme des rythmes scolaires est au cœur des débats : soit elle a été mise en œuvre par les communes et elle semble ne pas vouloir se dérouler tout à fait comme le ministre l’imaginait (ateliers fantômes, fatigue des élèves, impossibilité de trouver de nouveaux animateurs…). Soit les communes qui ont décidé son report en 2014 se trouvent confrontées, à quelques jours de devoir rendre leur copie à la Direction Académique, à un véritable casse tête en matière financière, de ressources humaines, de gestion des locaux, de concertation avec des enseignants rétifs et avec des parents dubitatifs.

Car enfin quel est le réel problème de notre école ? Le constat est pourtant facile à faire : une très grande proportion d’enfants présente de nombreuses lacunes irrécupérables dans l’acquisition des fondamentaux que sont la lecture, l’écriture et le calcul. Tout le monde le sait et ces lacunes concernent non seulement les enfants encore à l’école, mais aussi plusieurs générations d’adultes aujourd’hui sur le marché du travail.

De l’avis de bon nombre d’élus, de parents et d’enseignants, il ne s’agissait pas de faire une réforme des rythmes scolaires, mais bien de repenser l’école elle-même et ses méthodes éducatives.

Au lieu de cela, on demande aux communes de dégager des budgets considérables pour occuper les enfants sur du temps périscolaire alors que dans le même temps, le gouvernement réduit les dotations de l’Etat aux mêmes communes et accentue les mécanismes de péréquation. Moyennant quoi, les maires se retrouvent devant un terrible dilemme : augmenter les impôts de leurs concitoyens dont le pouvoir d’achat a déjà été fortement entamé depuis deux ans ou supprimer d’autres services à la population. Pourquoi pas, mais lesquels ? Mais au fait, pourquoi appliquer une réforme coûteuse dont on sait qu’elle ne produira aucun effet sur le niveau scolaire de nos enfants ?

Monsieur le Préfet, vous êtes le représentant du gouvernement dans notre département. A ce titre, vous avez certainement la réponse aux trois questions suivantes :

– Le Gouvernement envisage-t-il une remise en cause de la réforme, dont la pratique montre à quel point elle est inadaptée aux élèves, notamment ceux de maternelle ?

– Sinon, comment l’Etat envisage-t-il d’accompagner financièrement les communes dans cette réforme, et ce, de façon durable et sans que les contribuables, déjà au bord du « burn out fiscal », n’aient à supporter tout ou partie du poids financier de cette réforme ?

– Que ferez-vous si des communes, ne parvenant pas à trouver de solution, renoncent à mettre en place cette réforme ?

Olivier Lebrun

Maire de Viroflay

Président du groupe Ensemble pour les Yvelines

(publié le Samedi 19 Octobre 2013)

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