La réforme territoriale : une usine à gaz pour moins de proximité !


Dans sa frénésie de réformes à tout va et surtout dans sa volonté de défaire tout ce qui avait été voté au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le gouvernement actuel a décidé de bouleverser le système administratif français, y compris dans les modes de scrutins associés.

En effet, lors des prochaines élections municipales, vous serez appelés à élire en même temps, et sur le même bulletin, vos conseillers municipaux et les conseillers communautaires qui siègeront à la communauté d’agglomération. Le système est particulièrement compliqué à comprendre et à mettre en place mais présente, il faut le reconnaitre, l’avantage de forcer l’instauration de la parité dans les agglomérations.

Cependant, dans le même temps, le parlement vient de voter une loi qui créé la métropole de Paris et qui fusionne Paris avec toutes les intercommunalités de la petite couronne (y compris Vélizy-Villacoublay) à l’horizon du 1er janvier 2016. Les électeurs des quelques 125 communes concernées vont donc voter pour des délégués communautaires en mars prochain, qui devront se saborder moins de deux ans après pour laisser la place à des représentants désignés par les conseils municipaux. En parallèle, les personnels des agglomérations seront transférés à cette métropole, ce qui pourrait représenter plus de 13 000 fonctionnaires, aux statuts multiples, au sein d’une même collectivité !

Devant une telle usine à gaz, de nombreux élus, de tous bords politiques, ont dénoncé une recentralisation à marche forcée qui éloignera encore plus les décideurs locaux des habitants. Rien n’y a fait : la loi est passée…

La frontière de cette métropole se situera entre Chaville et Viroflay – qui, avant le vote du sénat  était comprise dans son périmètre –  coupera la région Ile de France en deux parties, sans pour autant dissoudre celle-ci.  La métropole se verra confier, en lieu et place des communes, les compétences en matière d’aménagement, de logement, d’urbanisme, de développement durable et d’action économique : les maires n’auront plus leur mot à dire dans l’organisation de leur espace communal et il est à parier que la voix des habitants ne sera même pas entendue par le maire de Paris, nouveau Président de ce « machin » ! La proximité, pourtant plébiscitée par les habitants, ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir.

Assurément, ce n’est pas en réformant de cette façon qu’on mettra notre pays en ordre de marche pour réduire nos déficits publics et affronter les grands enjeux de demain.

Olivier Lebrun

(publié le Mercredi 29 janvier 2014)

 

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