Dur exercice que celui de la démocratie !


 

Des scrutins récents ont montré que l’expression démocratique diffère parfois des prédictions des médias. L’on pourra arguer que les « observateurs » ont manqué de qualité d’écoute, qu’ils ont pris leurs désirs pour des réalités ou que, surestimant leur pouvoir de persuasion, ils ont espéré influencer les électeurs. Laquelle de ces raisons est la bonne ? Sans doute les trois, ou un peu des trois et d’autres, aussi.

Ces exemples montrent à la fois qu’on ne dispose pas des peuples à sa guise (ni selon ses rêves, voire ses fantasmes), mais aussi que la démocratie reste une idée grande et une réalité fragile. Plus encore qu’un équilibre précaire, c’est un exercice délicat et exigeant. Pour l’élu local, la proximité avec les citoyens est un baromètre permanent qui, s’il veut bien l’observer, les ramène toujours à la réalité. Elle lui est quotidienne, changeante mais palpable.

S’il considère ses électeurs, il ne fera pas des promesses de bateleur, mais construira un projet qu’il veut mener à bien. Une fois élu, il commencera l’aventure en gardant, chaque jour de son mandat, un œil sur la trajectoire, et un sur la route où il marche et d’où surgiront les surprises. Parfois heureuses, plus souvent lourdes, difficiles ou douloureuses. Mais l’objectif n’aura pas changé et les corrections de trajectoires seront fréquentes. Les occasions de détours ou de ralentissements seront nombreuses : nouvelles réglementations ou taxes, télescopage de projets chronologiquement incompatibles, nouvelles demandes des citoyens, désengagement de l’État ou de partenaires, événements imprévisibles… Le plus difficile viendra des électeurs eux-mêmes, lorsque certains demanderont de changer de route, souvent au gré des variations de leurs intérêts personnels, parfois à cause d’une vision différente des enjeux. Il faudra alors écouter, expliquer, convaincre si possible, répondre, proposer, sans jamais trahir le bien commun. S’il échoue dans la présentation d’un projet ou d’une solution, ne réussissant pas à persuader ou simplement à mener un dialogue, ce sera toujours douloureux. Par bonheur, il n’est pas seul et le travail d’équipe constitue une ressource formidable d’énergie, de soutien et d’idées. Mais dans tout groupe, elles naissent souvent de discussions âpres.

Dur exercice que celui de la démocratie !

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