Billets du mois: novembre 2018


Ce mouvement des « gilets jaunes » nous a surpris, non en tant que colère qui couvait, mais par la façon dont il est apparu. Puisqu’il se veut apolitique et que « l’étincelle qui a fait déborder le vase », était l’augmentation du prix du carburant, ce fut le gilet jaune que doit posséder tout automobiliste, motard, voire même les cyclistes.

Pourtant, à y regarder de plus près, et au-delà de cette communion fluorescente, quelsrepères avons-nous de cette couleur et, surtout, de sa symbolique ? Culturellement, et notre iconographie judéo-chrétienne nous le rappelle, le jaune est la couleur… du traître. C’est ainsi qu’on identifie facilement Juda dans les tableaux. Plus tard, principalement à la fin du XIXème siècle, cet attribut servit à dénommer les briseurs de grève qui, à leur façon, trahissaient les travailleurs en vidant leur révolte de leur substance, puisqu’ils assuraient la poursuite de la production des usines. Ils étaient « les jaunes », couleur du genêt, choisie par eux comme emblème en opposition au rouge majoritairement utilisé par les syndicats soutenant les grévistes.

Mais le jaune est parfois la couleur du vainqueur, lorsqu’elle revêt les épaules du coureur de tête du Tour de France et lorsqu’elle vire à l’or, elle anoblit les emblèmes et drapeaux de nombreux pays, y compris les douze étoiles du drapeau européen…

Revenons à nos campagnes et à nos villes, l’augmentation du prix du gasoil – 23% en un an, sans compter ce qui s’annonce – a provoqué de nombreux Français, en commençant par les plus modestes et, dans ce domaine, on peut dire que l’histoire se répète en citant par exemple l’ancien impôt sur le sel, la gabelle, qui fut à l’origine de soulèvements populaires.

Nos gouvernants nous expliquent, non sans une certaine cacophonie, que l’urgence écologique nécessite de réduire notre consommation de gasoil et, plus largement, de produits pétroliers. La ficelle qui tend à opposer les « verts » face aux « jaunes » n’est-elle pas un peu trop grosse ? Ne vaut-il pas mieux tenter de dialoguer et de se comprendre ?

Mais si cette couleur jaune rassemble de nombreux français c’est qu’ils ont, peut-être, le sentiment de ne pas s’y retrouver au regard des engagements de celui qu’ils ont élu au printemps 2017. C’était comment déjà le titre de son livre ? Ah oui, Révolution !

Les 26 élus de l’Union Pour Viroflay

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